Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 20:12

j'espère pouvoir réecrire quelques histoires  pour les grandes vacances

malheureusement je suis pris par le temps qui défile plus vite qu'on ne le pense ^^

Par petrouchka
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 10:08

le mois prochain, je mettrais sur le blog la nouvelle suivante.

 

une innocente

 


 

Dans le temple de Rode, Eselda avait décidé de consacrer sa vie au culte de Shiva, une déesse de la mer qui assurait des pêches fructueuses. C’est pour cette raison qu’elle s’est convertie et ce pour toute la vie. En tant que prêtresse, elle ne pourrait jamais se marier et se devait de rester vierge mais cela ne lui posait aucun problème étant fervente dans sa foi en Shiva. De plus les hommes ne l’intéressait pas.

Mais des prêtresse vierge dans un temple isolé alors que la guerre au dehors fait rage ne risquent-elles pas d’attirer des guerriers en quête de chairs fraiches ?

 


Par petrouchka - Publié dans : publication
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 09:59

L’enlèvement du royaume doré partie 3

 

 

Dès qu’il entendit la porte se refermer, Drek se leva d’un bond, empoigna la tunique qui trainait au pied du lit et l’enfila. Il avança silencieusement vers la porte qu’il ouvrit un peu pour avoir un aperçu du couloir.

 

Il était réveillé depuis longtemps et avait immédiatement senti Aila se lever. S’interrogeant sur ses intentions, il l’avait laissé faire. Il l’avait écouté prendre les clés qui se trouvait dans sa tunique qu’il venait de mettre. Faisant semblant de dormir, il l’avait entendu prendre les clés. Et les paupières légèrement ouvertes, il l’avait également vu jubiler intérieurement. C’est pourquoi il n’avait pu s’empêcher de la faire paniquer un peu en bougeant plus que nécessaire. Mal lui en pris, la figure qu’elle avait faite à ce moment là avait presque failli le trahir tant elle était comique. Il avait eu le plus grand mal à ne éclater de rire.

 

Au début, il avait pensé qu’elle avait peut-être été envoyer par quelqu’un pour l’espionner mais la maladresse avec laquelle elle se comportait le confortait dans l’idée qu’elle ne travaillait pas pour le compte de quelqu’un d‘autre. De plus le fait qu’elle soit entrée en sa possession était un pur hasard. Mais sait-on jamais s’était-il dit.

 

Alors qu’il observait dans le couloir pour voir si elle avait bien descendu les escalier, il ne put s’empêcher de sourire en repensant à elle. Aila avait été une bonne chose, la meilleur qu’il lui soit arrivée. Elle le stimulait, le divertissait et le rendait meilleur. Un de ses compagnons qu’il avait rencontré en dehors de chez lui, avait même osé affirmer qu’il était devenue plus abordable et plus sympathique depuis quelque temps. Drek savait que c’était le résultat de sa rencontre avec Aila. Il se sentait plus heureux aussi. Alors que depuis tout petit, il devait supporter la pression de son entourage qui le pressait de prendre épouse et la pression de ses responsabilités. Il était devenu trop sérieux et ne profitait pas de ce qu’il possédait déjà. Il ne pensait qu’à faire prospérer ses biens. Mais Aila lui avait montré qu’on pouvait être de haute extraction et se battre contre sa destinée.

 

Il n’avait rien dit mais il savait qu’elle sortait souvent de la maison pour faire des courses et qu’elle parlait beaucoup avec les gens qu’elle croisait. Des gens dont elle ne connaissait rien. Et pourtant elle osait malgré sa condition d’esclave qu’il allait levé prochainement, le lendemain même, parler avec d’autres personnes. Peut-être le fait que Drek soit un personnage important dans le pays avait permis à Aila d’éviter d’être calomnier par les gens du peuples qui étaient souvent simples d’esprit et qui avait tendance à mépriser ouvertement les esclaves, les considérant comme des rebus qui méritaient ce qui leur arrivaient.

 

Alors qu’il était plongé dans ses pensées et dans ses élucubrations, il n’avait pas fait attention et il marcha beaucoup trop vite. Il arriva donc près de son bureau trop bruyamment et le bruit de ses pas se répercuta dans le couloir.

 

Il réussit cependant à se cacher in extremis derrière le mur alors que Aila, qui avait très certainement entendu le bruit de ses pas, se retournait.

 

Elle ne bougea pas quelques secondes avant de se dire qu’elle était peut-être trop stressée et qu’elle avait surement imaginé le bruit. Elle se retournât résolue vers la porte du bureau et sans tarder elle glissa la clé qu’elle tenait dans la main dans la serrure de la porte. Elle tourna la clé et la serrure émit un léger clic indiquant que la porte n’était plus verrouillé. Aila fourra alors la clé dans sa poche et tourna la poignée de la porte aussi lentement que possible. Elle ouvrit la porte et s’empressa de glisser à l’intérieur de la pièce et de fermer derrière elle.

 

Une fois dans le bureau, elle ne sut par où commencer. Elle ne savait pas non plus ce qu’elle cherchait exactement. Néanmoins, elle s’approcha du bureau qui trônait au fond de la pièce et en fit le tour pour en connaitre le contenue. Elle regarda les documents qui se trouvait sur le bureau et dut s’avouer qu’ils n’étaient guère intéressants ou tout du moins ne la concernaient-ils pas. Elle s’employa alors à les remettre en place avant de s’attaquer aux tiroirs. Le bureau en disposait trois de chaque coté du siège. Elle décida de d’abords s’attaquer à ceux situés sur le coté gauche. Elle ne réussit pas à ouvrir le premier et sans s’attarder sur celui-ci elle tenta d’ouvrir le suivant. À l’intérieur se trouvait divers papiers désignant les obligations à remplir dans les deux prochaines semaines. En lisant plus attentivement, elle se rendit compte qu’il était adressé au prince des Viaican. Ce qui parut bien étrange à Aila que faisait un tel document dans cette maison.

 

Alors qu’elle réfléchissait, elle entendit un clic et en se retournant, elle vit, à sa plus grande horreur, la clenche de la porte tourner, s’abaisser, et la porte s’ouvrit. Elle n’eut même pas le temps d’envisager de se cacher que la silhouette de Drek apparut sur le pas de la porte. Il la regarda. Le document à la main, derrière le bureau, elle n’osait plus faire de mouvements. Il referma la porte lentement sans la quitter du regard. Ensuite il se rapprocha d’elle, lui prit doucement le document des mains pour le reposer sur le bureau. Son regard d’acier la fixa alors avec une telle intensité qu’elle crut ne plus pouvoir respirer. Il la prit par le bras et lentement l’amena à s’asseoir sur l’unique siège qui trônait derrière le bureau. Heureusement pour elle car elle cru que ses jambes allaient lâcher. Cependant, elle craignait la réaction de Drek. Ils s’étaient certes rapprochés durant ces deux semaines mais rien ne garantissait qu’il ne la punisse pas pour avoir fouiller dans ses affaires. Elle se torda nerveusement les mains et couragement leva les yeux vers son visage. Il l’observait toujours. Elle prit alors la parole car elle ne pourrait pas supporter ce silence longtemps. Elle avait l’impression que l’atmosphère était à couper au couteau.

 

- j’ai eu une petit insomnie et je voulais me promener dans la maison. Je suis rentrée dans cette pièce et comme c’était la première fois, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder les feuilles qu’il y avait sur le bureau. Tenta-t-elle piteusement de se justifier.

 

Drek ne répondit pas. Il se contentait de la scruter et c’est d’une voix calme qu’il énonça un fait qui rendait caduque la justification de Aila dans la pièce.

 

- la porte était fermée.

 

Aila retint son souffle. Il savait. Elle en était sure.

 

- et je suis le seul à posséder la clé. Rajouta-t-il.

 

Voyant qu’elle se taisait et qu’elle ne tentait plus de mentir, il lui demanda pourquoi elle avait fait cela.

 

- je t’ai vu prendre les clés dans ma tunique. Qu’essayais tu de faire, Aila ?

 

Dans ses yeux, nulle de colère seulement l’envie de comprendre l’habitait.

Aila qui savait qu’elle n’avait plus rien à perdre, serra les poings, se releva d’un bond et le bombarda de question la première.

 

- ce que j’essayais de faire ? Cela n’a pas d’importance. Par contre, je veux savoir qui tu es ? Tu as une maison immense, des dizaines d’esclaves. (la plupart des maison n’en comptait que un ou deux) et tu es respecté par tout le monde. Ne me dis pas que ce n’est pas vrai. Je l’ai vu moi-même au marché quand tu m’as acheté. Dès que tu as énoncé un prix, tous les autres acheteurs potentiels ont abandonné la partie.

 

À ces mots, Drek sentit une bouffée de colère l’envahir et il agrippa un poignet de Aila.

 

- tu aurais peut-être préféré que quelqu’un d’autre t’achètes.

 

Et la ramenant contre lui, il continua.

 

-que quelqu’un d’autre te touche comme je l’ai fait ?

 

Il la secoua et s’empara de son visage pour lui donner un baiser possessif.

 

Aila ne put éviter le baiser et confuse répondit en bégayant à ses questions.

 

- non… non … je n’ai pas dit cela…

 

Drek la relâcha subitement et fit un pas en arrière. Quand il était proche d’elle, il n’arrivait plus à réfléchir correctement et il se laissait facilement emporter par la colère ou encore.. La jalousie. Imaginer qu’elle aurait pu tomber dans les mains d’une autre homme, qu’elle aurait pu se donner à un autre que lui l’emplissait de rage. Il remerciait le ciel de s’être rendu au marché ce matin et surtout son régisseur qui lui avait indiqué du doigt une ravissante jeune esclave sur une estrade prête à être vendu. Il n’avait pas hésité un seul instant. Il avait planté son régisseur sur place et s’était avancé vers l’estrade. Quand il avait vu qu’un homme bedonnant et certainement sale et répugnant allait l’avoir, il avait immédiatement haussé la voix et énoncé un montant dont il était certain que personne n’irait surenchérir. De toutes façons, quand les acheteurs potentiels virent qui avait parlé, ils s’étaient tous rendus. On n’osait pas défié un homme comme lui d’une tel importance sans craindre des représailles mortels. Personne jusqu’à maintenant n’avait osé le défié et on ne le ferait certainement pas pour une esclave aussi délicieuse soit-elle.

 

Quand il l’avait remporté, il avait envoyé quelqu’un la chercher sur l’estrade. Il voulait la voir. Mais en la voyant de plus près, son sang n’avait fait qu’un tour, et il avait du l’éloigné avant de la posséder sur la place même. Il avait eu un mal fou à attendre jusqu’au soir. Mais il s’était obligé et avait gouté le paradis le soir même. Depuis il ne pouvait plus se passer d’elle.

 

Revenant à l‘instant présent, il se rendit compte que Aila tentait de masquer sa confusion et reculait subrepticement. Et tout d’un coup, comme si l’éloignement lui avait permis de reprendre ses esprits rapidement, elle retrouva sa combativité.

 

- tu ne m’as pas répondu. Qui es tu à la fin ? Dit-elle. Ses papiers, elle désigna le dessus bureau, sont adressé à un prince des Viaican. Comment se fait-il que tu les ai en ta possession ? Réponds moi.

 

Drek la regarda. Les yeux légèrement dilatés sous la colère et la confusion, elle se tenait malgré tout droite. Elle se comportait comme si elle était une chatte en colère qui défendait les siens. Sauf qu’à présent elle se défendait elle-même. Le considérant lui comme une menace alors qu’au fond de lui il ne voulait que comprendre.

 

Lui avouer son identité n’était pas dans ses plans. Il avait, il est vrai, pensé qu’elle serait simplement contente de vivre avec lui. Lorsqu’il avait appris sa véritable identité et la raison de sa présence dans le pays, il avait naïvement cru qu’elle oublierait son passé. C’était sans compter sur son obstination. Il hésitait encore. Que ferait-elle quand elle saurait la vérité ? Il se le demandait quand il prit la décision de lui révéler.

 

- qui je suis ? Pourquoi tout le monde semble me craindre ? La raison en est très simple. Je suis le prince et futur roi de Viaican. Ce pays dans lequel tu as atterris.

 

En entendant ces mots, la colère de Aila redoubla. Comment osait il lui dire cela maintenant alors qu’il savait depuis longtemps qui elle était. Alors sous le coup de la rage qui l’envahissait par vague, elle se saisit du vase posé sur une tablette à coté d’elle et prenant un élan, tenta de le jeter à la figure de cet homme. Cet homme à qui elle s’était tant de fois donnée. Cet homme qui commençait à représenter tant pour elle. Cet homme pour qui elle avait bien failli oublié son objectif. Penser qu’il était responsable du saccage qui avait eu lieu dans son pays à elle la rendait capable de tout briser. Elle n’arrivait pas à y croire. Elle n’aurait jamais cru qu’il serait un ennemi. Car prince du pays qui avait rompu le traité de pays, il ne pouvait qu’être un ennemi pour elle. Quelqu’un qu’elle devait détester. Une personne qu’elle devait tué.

 

Drek évita assez facilement le projectile qu’elle venait de lui lancer. Incrédule, il ne comprenait pas quelle était l’origine de la rage et de la colère dont elle faisait preuve à son égard. Il est vrai qu’elle était déjà en colère auparavant. Cependant en apprenant son identité, ses yeux s’était dilatés et il lui avait semblé y voir une lueur de haine. Une chose dont il n’aurait jamais cru voir. Et cela lui fit mal de la voir ainsi.

 

De son coté, Aila luttait contre la rage qui s’emparait de elle. Pourtant si elle devait se montrer honnête, elle devait s’avouer qu’une autre émotion s’emparait également d‘elle. La tristesse. Sale et douloureuse. Ses yeux, certes remplis de haine à la pensée qu’il avait été l’instigateur de son malheur, picotèrent ; ils devinrent rapidement humide. Et Aila se rendit compte qu’elle devait également lutter contre une immense envie de pleurer.

 

Elle continua sur sa lancée et cherchait en même temps du regard, les projectiles qu’elle pouvait lui lancer. Cependant, malgré sa lutte, malgré sa colère, les larmes eurent raison d’elle.

 

Drek en voyant son état, s’empressa de la saisir et de la plaquer contre lui. Elle se débattit bien sur mais peu à peu elle se laissa aller. Et elle laissa échapper de longs sanglots.

 

-pourquoi ? Murmura-t-elle entre deux hoquets. Pourquoi tu as fait ca ?

 

Sa voix se brisa. Elle ne savait plus pourquoi elle pleurait. Sur son sort ou pour son pays. Ou alors pour cet homme qu’elle aimait tellement à présent.

 

Drek se contenta de la serrer et de lui murmurer des paroles de consolation. Doucement, il la calma mais ne tenta pas directement de dissiper le malentendu. Il savait que dans son état, elle ne l’écouterait pas. Il attendait donc qu’elle soit suffisamment lucide pour l‘entendre et le croire. Il lui fallut presque dix minutes pour recouvrer ses esprits.

 

Elle se dégagea de son étreinte et lui tourna le dos pour s’essayer les yeux. Elle eut un peu honte de s’être laissé aller. Elle inspira profondément avant de lui faire face.

 

Drek la regardait une lueur tendre dans les yeux. Il se lança avant qu’elle ne l’accuse de nouveau.

 

- oui je suis prince mais je n’ai rien à voir avec l’attaque de ton pays. Il faut que tu me crois.

 

Aila secoua la tête.

 

-tu mens. Je les ai entendu alors que l’on traversait le désert.

 

-et qu’as-tu entendu exactement ?

 

Aila baissa les yeux et fouilla dans ses souvenirs. Elle voulait se rappeler leurs paroles exactes.

 

- Aila ? chuchota Drek.

 

- ils disaient : on a bien fait d’écouter les gens de Viaican. On aura un bon paquet d’argent avec la vente de tous ces gens.

 

Elle ferma les yeux et continua :

 

-je n’ai pas tout compris, il parlait trop vite. Mais il parlait d’un certain Erwan Viacon.

 

Elle le fixa pour voir sa réaction.

 

- Erwan viacon répéta Drek.

 

Il soupira.

 

-je vois. Dit-il.

 

Son regard se posa sur elle. Elle qui avait tant enduré à cause d’un idiot qui voulait s‘enrichir à n‘importe qu‘elle moyen. Il détestait cet homme et le savait mauvais. Mais pas à ce point là.

 

- ne t’inquiètes pas je réglerais tout. Fit-il laconiquement.

 

Il s’apprêtait à faire demi-tour quand Aila l’agrippa.

 

- comment ca « ne t’inquiètes pas, je réglerais tout » ? l’apostropha-t-elle, ca veut dire quoi ca ? Tout est fini ? S’emporta-t-elle. Tu crois qu’en disant ca tout sera comme avant. Et moi dans tout ca ? Qu’est-ce que je deviens ? Tu me « régleras » aussi ?

 

Drek qui jusque maintenant avait réussi à maitriser ses émotions s’emporta également.

 

- oui, tout sera fini. Et toi tu seras libre. Tu pourras t’en aller. Hurla-t-il. Tu devrais contente non ?

 

Aila le lâcha.

 

- alors c’est ca ? Demanda-t-elle ironiquement. tu me jettes maintenant parce que tu ne veux plus de moi. Tu as un problèmes et tu le « règles » et tu te débarrasse des dommages collatéraux. C’est ca ?

 

Drek la regarda furieux et lui répondit :

 

- c’est-ce que tu voulait non ? Retourner chez toi ? N’est-ce pas pour ca qu’on se trouve dans mon bureau maintenant ?

 

Aila se précipita sur lui et encore une fois tenta de le frapper. De lui faire mal comme il lui faisait mal en ce moment.

 

- salaud cracha-t-elle en colère. Tu n’es qu’un salaud !

 

Et elle le bourra de coup. Drek n’eut aucun mal à maitriser ses deux bras et à l’immobiliser. Il commençait à avoir l’habitude.

 

- je te préviens. Arrêtes d’essayer de me taper ou je ne réponds plus de moi.

 

Aila se débattit farouchement.

 

- tu l’auras voulu fit Drek d’une voix rendue rauque par le désir qu’il ressentait en permanence pour elle et qu‘elle exacerbait en se frottant à lui.

 

Et il s’empara de sa bouche, fougueusement et violemment. Il la voulait et il la prit sauvagement sur le bureau. Aila ne put résister à ses élans de passion qui le poussait vers lui et répondit à ses caresses. Ils firent l’amour passionnément comme si leurs vies en dépendaient.

 

Peu après alors qu’ils reposaient tout les deux sur le sol du bureau épuisés, Drel prit la parole.

 

- j’arrangerais tout, Aila. Je restaurerais ton royaume. Je te le promet. Mais toi, tu resteras avec moi. Je ne me séparerais pas de toi. Tu m’entends ?

 

-oui

 

Et elle lui donna un baiser langoureux.

 

- je t’aime, Aila. Murmura alors Drek à son oreille.

 

Aila sourit

 

-moi aussi, je t‘aime Drek.

 

 

 

Épilogue

 

Légère, Aila descendit les marches des escaliers. Elle devait rejoindre Drek dans le salon. Ils se allait rendre  visite à son père au Reija, son pays qu’elle aimait tant.

 

Ils s’étaient mariés peu de temps après leur déclaration mutuelle. Les premiers temps furent durs mais ils s’habituaient peu à peu l’un à l’autre. En plus, au début de leur mariage, Drek s’était totalement dédié à la restauration du royaume du Reija pour le plus grand bonheur de Aila même si il devait aussi beaucoup s‘absenter. Ils avaient bien sur retrouvé le traîte. Et celui-ci devait à coup sûr regretter son geste car il serait jusqu’à la fin de sa vie enfermé dans la pire prison du Viaican. Une prison dont on ne sortait jamais et qu’on disait pire que la mort.

Par petrouchka - Publié dans : nouvelle courte
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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 10:54

- ne t’en vas pas Rea lui murmura-t-il doucement à l’oreille.

 

- je n’en peux plus. Sanglota-t-elle sans pouvoir s’arrêter de pleurer.

 

- ne me laisse pas.

 

Drek resserra son étreinte

 

-s’il te plait, Rea.

 

- tu ne m’aimes même pas. Souffla Rea.

 

Et elle essuya ses larmes d’un geste nerveux. La proximité de Drek la troublait encore malgré tout.

 

- si. Je t’aime.

 

Drek la fit se retourner pour qu’elle puisse lui faire face sans pour autant desserrer son étreinte.

 

- tu crois que je t’embrasserais si je ne t’aimais pas. Tu crois que je t’enlacerais encore et encore si je ne t’aimais pas.

 

Tout en lui parlant, il semait des baisers sur son cou. Laissant ainsi une trace de lui sur la peau de Rea avant de prendre possession de ses lèvres.

 

Rea lui répondit de toutes ses forces et de tout son coeur. Quand leur bouche se quittèrent, Drek posa son front sur celui de Rea.

 

-et toi ?

 

- moi ? Fit bêtement Rea encore sous le charme de son baiser.

 

Drek gloussa gentiment.

 

- tu m’aimes ?

 

Rea le regarda dans les yeux longuement avant de répondre.

 

-bien sur que oui. Sinon je n’aurais pas voulu partir.

 

- tu es contradictoire… mais j’aime.

 

Drek lui donna un autre baiser.

 

-alors maintenant tu vas me faire le plaisir de manger.

 

Ils reprirent place à table. Rea mangea une tartine et but son thé. Quand elle eut fini, Drek prit la parole.

 

- tu pourra rendre visite à ta nièce si tu veux, Rea. Je ne veux pas que tu sois malheureuse, loin de tes proches et de ceux qui compte pour toi.

 

Rea leva la tête. Et la joie s’épanouit sur son visage. Si jamais elle avait eu encore des doutes aux sujets des sentiments de Drek à son égard, ces paroles les aurait définitivement dissipés. Si il acceptait de la laisser partir voir les siens, c’est qu’il l’aimait vraiment.

 

Elle se leva de nouveau et se pendant à son cou lui donna le plus long et le plus langoureux baiser qu’elle put.

Par petrouchka - Publié dans : nouvelle courte - Communauté : Romance et Passion
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 22:16

avertissement : petit passage HOT

 

La guerre des clans

 

 

Sur le territoire des penderims, une agitation inhabituelle troublait le calme qui régnait habituellement dans la foret. Une chasse avait lieu et la proie n’allait pas tarder pas à se faire attraper.

 

À travers les arbres, Elena courrait aussi rapidement qu‘elle le pouvait. Ses foulés agiles et longues l’entrainaient vers le lieu où elle savait trouver la sécurité. Malheureusement pour elle, elle commençait à s’épuiser. Et les feuilles, les buissons qui barraient sa route n’arrangeaient pas les choses. Au contraire, ils freinaient sa course, donnant ainsi un avantage certain aux personnes qui la poursuivaient. Pourtant elle s’était transformée et sous sa forme de panthère, elle aurait du les semer depuis longtemps … si elle avait été sur le territoire de son clan. Au lieu de cela, elle avait voulu braver Rea et s‘était aventuré bien plus loin qu‘elle n‘aurait du sur le territoire de leur rivaux. En plus, les guépards lancés à ses trousses semblaient plus rapide qu’elle. Ils la rattrapaient de plus en plus.

 

Son mauvais caractère lui avait bien causé des ennuis auparavant mais jamais aussi grave. En effet, à peine âgée de 18 ans, Elena avait le comportement typique des jeunes adolescents du clan qui venait de faire leur cérémonie. Ayant réussie l ’épreuve de chasse qui devait lui permettre d’être admise dans le cercle des adultes, elle avait crue pouvoir être plus forte et faire ce qu‘il lui plaisait. Alors quand Rea lui avait dit qu’elle devait encore faire attention quand elle se baladait, Elena ne l’avait pas supporté. Et les conseils que Rea lui avait donné, n’était pour Elena que des serments pour les petites enfants. Elle n’avait donc rien écouté. Ce qu’elle regrettait à présent alors qu’elle courrait. Car si elle avait suivi les instructions de Rea, elle aurait su qu’il ne fallait pas franchir la limite des deux clans sous peine d’être pourchassé par les membres de Penderim.

 

Elle ne devait absolument pas se faire attraper. Elle ne savait pas ce qu’il lui arriverait et d’ailleurs elle ne voulait pas le savoir pour l’instant, se disait-elle.

 

Adroitement, elle sauta par-dessus un arbre mort. Le souffle court, elle entendait les guépards derrière elle. Ils n’étaient plus très loin. Quelques secondes plus tard, elle entendit un guépard sauter sur le tronc qu’elle venait d’éviter. Elle ne se risqua pas à jeter un regard en arrière. Elle y était presque. Encore un peu et elle atteindrait la limite du territoire qui séparait les clans. Une fois dessus, elle ne craindrait plus rien.

 

Courant droit devant elle, elle déboucha sur une clairière qu’elle reconnut instantanément. Cette clairière, elle l’avait traverser quelques heures auparavant. La limite ne se trouvait pas loin. Il ne lui restait plus que dix kilomètres à parcourir pour être en sureté, s’exhorta-t-elle. Après, elle devrait supporter le serment de Rea. Mais elle préférait supporter ses remontrances que de se faire attraper. Elle pouvait courir à au moins 40 kilomètres à l’heure. Cela prendrait donc à peu près quinze minutes.

 

Alors qu’elle fuyait encore, elle surprit du coin de l’œil un mouvement sur sa gauche. Elle tourna la tête et avec horreur, découvrit un guépard qui allait bientôt la dépasser. Elle sentit la panique monter. Le pire était qu’elle savait, à présent qu’elle le voyait, que le guépard ne courrait pas à pleine puissance. Cela se voyait aussi clairement que le nez au milieu de la figure. Ses foulés n’étaient pas si ample et ses muscles ne se déployaient pas comme ils auraient du sous un effort intense.

 

Elle eut un frisson de peur. Elle avait compris ce que le guépard projetait de faire. Il lui laisserait atteindre la limite des territoires et avant qu’elle ne la franchisse, il allait l’arrêter. Que pouvait-t-elle faire, se demanda-t-elle avec désespoir.

 

Soudain elle eut une idée : elle devait prévenir les autres membres de son clan. Peut-être pourront-ils la sauver ? Mais comment les prévenir ? Elle eut un autre idée merveilleuse. En rugissant suffisamment fort, elle pourrait avertir ceux qui se trouvait tout près de la limite. Rea, elle-même se baladait souvent de ce coté du territoire. Elle connaissait les environs parfaitement et contrairement à Elena, Rea pouvait atteindre une vitesse de 50 kilomètres à l’heure.

 

Elena se sentit déjà soulagée, elle inspira profondément et rugit de toutes ces forces.

 

 

Rea sortit de chez elle tranquillement. Elle salua les nombreuses personnes qu’elle croisait et prit la direction de la frontière des territoires qui séparait son clan des Penderim. Elle adorait se balader dans ce coin. Le calme y régnait toujours. Ce qui n’était pas le cas dans le clan. Tous les membres y circulant, une vive agitation y régnait. Et Rea préférait largement le calme. Elle anticipa avec joie le moment où elle arriverait enfin dans son coin à elle.

 

Elle l’avait découvert il y a peu. Un magnifique endroit où elle pouvait dormir tranquillement quand elle ne devait pas travailler. Cet endroit était une grande clairière entourée d’arbres qui laissaient passer la lumière du soleil à travers leur feuillage, éclairant ainsi merveilleusement bien l’herbe et donnant l‘illusion d‘un paradis caché. Mais le sol n’était pas seulement recouvert d’herbe, il y avait aussi des fleurs violettes magnifiques. Ce qui rajoutait à l’impression d’avoir trouvé un coin de paradis. Il y avait un cercle de ces fleurs ; cela avait au départ intrigué Rea . Car la façon dont les fleurs avaient poussé lui faisait supposer que quelqu’un s’en était occupé. Cependant, malgré les nombreuses fois où elle s’y était rendue, elle n’avait jamais rencontré quelqu‘un.

 

Chaque jour, elle s’y rendait pour, en partie veiller à l’état de la clairière mais aussi pour profiter de l’atmosphère qui y régnait. Quand elle était là-bas, elle se sentait apaisée et reposée. Et dernièrement, elle avait bien besoin d’être apaisée. Récemment, Elena lui causait beaucoup de soucis. En fait, tout avait débuté après la cérémonie qui lui avait permis d’être admise dans le cercle des adultes. Depuis Elena s’était conduite de manière irresponsable. Elle croyait tout savoir et elle ne l’écoutait plus du tout. Ce matin, Elena avait même disparu et depuis Rea ne l‘avait plus revu. Ce qui commençait à inquiéter Rea. À mesure qu’elle marchait, elle réfléchit aux endroits où pourraient se trouver Elena. Mais n’en trouva aucun où elle était sure de la retrouver. Elle espérait simplement que Elena ne se soit pas créé d’ennuis. Ce à quoi elle était particulièrement douée ces temps-ci. Rea soupira.

 

Néanmoins, elle commençait à se calmer alors qu’elle approchait de sa destination. Elle y arriva et à l’orée des arbres qui bordaient sa clairière, elle ferma les yeux et inspira profondément l’air qui remplissait l’atmosphère. Elle expira et l’apaisement qu’elle recherchait vint à elle.

 

Elle s’avança et s’asseya avec grace au pied d‘un grand arbre. Elle s’apprêtait à s’assoupir quand elle entendit très distinctement le rugissement de Elena. Elle se leva précipitamment et tendit l’oreille afin de s’assurer qu’elle n’avait pas rêver. En effet, elle avait cru entendre le rugissement de Elena provenir du coté de la limite. Incrédule, elle attendit un second appel. Malheureusement, elle entendit de nouveau Elena et la direction dont son appel provenait confirma ses soupçons et ses craintes. Rea jeta la fleur qu’elle avait cueilli quelques minutes avant et elle se précipita et s‘élança dans la direction d‘où provenait le cri de Elena. Rea estima qu’elle ne devait pas se trouver très loin. Car elle l’avait assez bien entendu. Que faisait-elle là-bas ? Elena était devenu bien inconsciente et qu’elle méritait une punition sévère si jamais Rea arrivait à temps. Car celle-ci avait très bien compris que si Elena rugissait ce n’était pas pour s’amuser mais pour appeler à l’aide. Encore des ennuis à l’horizon.

 

Rea connaissait la haine qui opposait les deux clans. Une haine dont l’origine était complètement stupide selon elle. Néanmoins elle savait que cette haine était tenace. La dispute pour les territoires était âpre. Et chaque clan défendait farouchement les parcelles qui lui appartenaient. Et d’après la position des cris de Elena, Rea supposa qu’elle avait franchi la limite des deux territoires, celui de son clan et celui de penderim, alors qu’elle lui avait expressément interdit de le faire la veille.

 

Rea arriva très vite à la frontière des territoires car même sous sa forme humaine, Rea avait veillé à être rapide. Elle franchit la limite sans hésiter et continua à courir. Elle cria le nom de Elena pour s’assurer qu’elle était toujours dans la bonne direction. Une autre rugissement lui répondit. C’est alors qu’elle les vit : Elena sous sa forme panthère tentait d’échapper à un guépard qui la pourchassait.

 

Le guépard l’avait devancée et lui bloquait le passage, l’empêchant d’atteindre l’autre territoire. Rea arrivant dans son dos, le guépard ne la vit pas et se croyant déjà victorieux, il avançait vers sa proie, d’une démarche victorieuse, qu’il pensait acculer. Elena, quant à elle, reculait peu à peu en laissant échapper des feulements de rage et de frustration. Elle ne savait plus quoi faire. Alors que le guépard allait prendre son élan pour se jeter sur elle, elle aperçut derrière lui Rea qui arrivait en courant. Trop paralysée par la peur, Elena ne pu manifester son soulagement. Ce qui laissa à Rea l’effet de surprise. Devant Elena, le guépard avait déjà bondi.

 

Voyant cela, Rea se transforma immédiatement en panthère et sauta pour s’interposer. Elle percuta le guépard en plein bond et tous deux tombèrent en roulant sur le coté. Rea se releva la première et fixa son adversaire tout en évaluant la situation. Elle sut tout de suite qu’elle ne pourrait jamais le battre. Le guépard qui se relevait également de sa chute, n’était pas un simple animal.

 

C’était un félin puissant à la poitrine profonde. Sa tête, de taille moyenne et ronde, ses pattes et sa queue courtes. Sa taille mince mais sans paraitre maigre et son corps musclé. Son pelage aux couleurs fauves étaient recouvert de rosettes noires avec de petits points au centre. Il devait bien pesé 55 kg et mesuré au moins 150 cm, la tête et le corps compris, avec une longue queue.

 

Ses yeux de couleur orangé ne cessait de la fixer et ne montrait aucune agressivité comme si il ne craignait rien d’elle. Et en effet, il n’avait aucune raison car Rea avait devant elle un magnifique exemplaire de guépard mâle. Il y avait peu de chance qu’elle puisse le vaincre au combat. La seule solution était la fuite. Mais sous ses pattes, elle sentait le tremblement du sol qui annonçait l’arrivée d’autres guépards. La fuite ne serait plus possible quand ils seront trop proche. Car leur vitesse de course était bien supérieur à celle des panthères.

 

Rea, tout en faisant attention à son ennemi, jeta un coup d’œil à Elena. Elle semblait épuisée et Rea douta qu’elle puisse courir de nouveau à pleine vitesse même si il ne restait que 500 mètres. Elle reporta son attention sur le guépard en face d’elle et prit sa décision. Il fallait se dépêcher avant l’arrivée des autres. Elle émit un feulement à l’attention de Elena. Ce ne fut pas n’importe quel feulement, c’était un signal que Rea avait mis au point avec Elena en cas de danger. Il signifiait qu’elle devrait prendre la fuite à son signal.

 

Elena tourna la tête vers Rea avec étonnement, elle avait très bien compris le message. Mais elle ne pouvait pas lui obéir et elle manifesta son désaccord par un autre feulement. Rea la regarda alors de façon menaçante pour lui faire comprendre qu’elle devait l’écouter. Elena baissa la tête et acquiesça silencieusement à son ordre. Rea s’estima contente et plia les pattes avants pour bondir sur son adversaire. Elle inspira et bondit sur le guépard qui ne s’attendait visiblement pas à ce qu’elle l’attaque de front. Alors que Rea tentait de donner un coup de griffe, Elena la regarda une dernière fois avant de s’enfuir vers la limite. Elle courut aussi vite qu’elle le pouvait dans l’intention de ramener du secours pour Rea.

 

Elena partie, Rea lutta vaillamment pour prendre le dessus. Mais elle savait qu’elle ne gagnerait jamais. Quelques secondes plus tard, elle se retrouva entourée de guépards qui feulaient agressivement. Elle perdit un instant sa concentration et se retrouva projeter au sol sur le dos par son adversaire. Sous le choc, elle reprit sa forme humaine. Le guépard, au-dessus d’elle, qui la retenait au sol en posant ses pattes sur ses épaules, émit un ricanement et se retransforma également.

 

Un homme apparut alors au dessus d’elle. En colère contre elle-même pour s‘être laissé bêtement distraire et ainsi être battue, elle gigota tout en insultant son adversaire qui rigola plus fort encore. Les guépards autour d’eux reprirent forme humaine et Rea se retrouva encerclée d’homme à l’allure menaçante. Deux d’entre eux la saisirent et la relevèrent après que l’homme au-dessus d’elle se soit enlevé. Ils l’agrippèrent par les bras et lui mirent le collier de Penda. Un collier qui l’empêcherait de reprendre sa forme panthère et l’empêcherait ainsi de faire une tentative de fuite. Ils la tirèrent derrière eux. Rea n’eut d’autres choix que de les suivre.

 

Elena courrait toujours à en perdre haleine comme le lui avait dit de faire Rea. Elle arriva au village hors de souffle. Elle n’en pouvait plus. Néanmoins elle continua jusqu’à la maison de Erwan qui pourrait les aider. Quand elle arriva dans le clan, les membres furent légèrement choqué de voir une panthère filer sans se soucier de blesser alors que normalement il était mal vue de se promener sous cette forme dans les rues.

 

Erwan sortait de chez lui et parlait avec une jeune fille quand il vit au loin Elena courir vers lui. Il comprit que quelque chose de grave était arrivé et il alla au devant d’Elena qui se retransforma pour se jeter dans ses bras. Elle sanglotait tant elle était angoissée pour Rea mais elle réussit tant bien que mal à raconter sa mésaventure. Erwan n’eut pas la réaction à laquelle elle s’attendait. Il la serra fort avant de gronder :

 

-te rends-tu compte de ce que tu viens de faire ? Comment as-tu pu franchir la limite ? Cria-t-il.

 

Ne s’attendant pas à cela, Elena en resta quoique. Elle le regarda les yeux grands ouverts.

 

-nous ne pouvons rien faire pour Rea. Par ta faute, elle est entre leur mains. Et nous ne pouvons même pas intervenir car selon le pacte entre nos deux clans nous ne pouvons pas ,normalement, franchir la frontière.

 

Sa voix allait crescendo au fur et à mesure qu’il lui parlait.

 

-mais et Rea ? Fit Elena d’une petite voix.

 

Erwan regarda au-delà de Elena pour tenter de recouvrir le peu de calme qu’il lui restait.

 

-en te sauvant, Rea s’est condamnée. À cause de ton inconscience martela-t-il.

 

Peu à peu, les conséquences de ses actes frappa Elena et elle pleura d‘autant plus fort.

 

Devant ce spectacle, Erwan sentit un pointe de remord l’envahir pour avoir été si brutal. Comme le nombre de personnes qui assistaient à la scène augmentait, Erwan décida de porter Elena dans sa maison. Il la souleva et la prit dans ses bras. Il porta son fardeau silencieusement. Rea ne serait pas contente si elle savait qu’il avait engueuler Elena de cette manière. Lui-même commençait à se demander si c’était vraiment malin et si cela servirait à améliorer la situation. A l’intérieur de sa maison, il porta Elena jusqu’une chambre d’amis. Il devait s’occuper d’elle avant d’aller à la frontière pour voir si Rea s’en était sortie. Mais il en doutait fortement. Le clan des Penderim était connu pour ne faire preuve d’aucune pitié. Ils ne l’auraient probablement pas laisser partir tout simplement.

 

Elena s’était enfin endormie. Après l’avoir calmé et lui avoir donné à manger, Erwan partit en direction de la limite. Une fois sur place, il ne put que constater qu’il n’y avait aucune trace de Rea. Il ne pouvait aller plus loin. Le pacte lui interdisant de faire un pas sur le territoire ennemi. Il souffla et pria pour que Rea n’ait pas souffert. Ensuite il prit le chemin de retour. Il devait dorénavant s’occuper de Elena en mémoire de Rea.

 

Rea ne savait pas où il voulait la conduire mais elle les suivait docilement. Après tout, elle n’avait pas le choix. Ils lui avait attaché les mains et entravée, elle pouvait difficilement se transformer pour leur échapper avec le collier de Penda. Elle espérait simplement que Elena ait pu atteindre le village. Après elle savait qu’elle pouvait compter sur Erwan pour veiller sur Elena.

 

Pendant leur marche, elle avait observé les Penderiems. L’homme avec qui elle avait lutté, était un membre important de leur clan car elle avait pu remarquer que les hommes faisaient preuve de déférences envers lui et lui montraient un grand respect. Il était également à la tête de leur petit groupe alors qu’ils marchaient dans la foret.

 

Elle eut tout le loisir de le détailler et ne s’en priva pas. De haute taille, il devait mesurer au moins un mètre quatre-vingt. Il avait tout le corps musclé sans un seul gramme de graisse. De longues jambes puissantes soulignait sa musculature et sa taille. Et quand il s’était retransformé, elle avait pu voir qu’il avait un ventre plat et une ligne de poils qui descendait vers le bas de son ventre. Son visage de forme carré, il possédait des traits durs qui pouvaient s’éclairer quand il riait ou souriait comme elle avait pu le constater quand il s’était moqué d’elle. Il avait un regard d’acier et des yeux bruns foncés. Il était en fait très bel homme. Et sa forme animal était elle aussi magnifique dut reconnaitre Rea. Elle s’était d’ailleurs sentie troublée lorsqu’il était au-dessus d’elle, leur position étant légèrement ambiguë.

 

Trois heures plus tard, elle sut où ils allaient. Ils étaient arrivée aux clan guépard. Sur place, les gens avaient semblé mécontent de sa présence. Certains avaient même grogné contre elle. Elle ne semblait pas la bienvenue. Elle en comprit la raison quand elle vit quelques blessés. Les marques indiquaient clairement qu’ils avaient été attaqué par un félin. Et il ne pouvait s’agir que de Elena. Rea n’aurait jamais cru qu’elle ait pu arriver aussi loin, jusque dans le clan. Hélas elle n’eut pas le temps d’évaluer les dégâts causés par Elena car on l’emmena assez brusquement dans une cabane directement dans une cage où elle fut enfermée. Naturellement, Rea tenta de se débattre mais les feulements de ses gardiens lui indiquèrent qu’ils n’hésiteraient pas à utiliser la violence. La collier l’empêchant de se libérer, elle se laissa faire tout en se promettant de prendre sa revanche plus tard.

 

Elle n’eut donc d’autre choix que de rentrer dans la cage. Ensuite l’un d’entre eux mit un cadenas sur la porte et à travers les barreaux lui ôta le collier de Penda qui commençait à serrer Rea. La cage fut emmenée dans une grande pièce où deux hommes en gardèrent l’entrée. Elle essaya de se libérer en se débattant et en cognant les barreaux sous sa forme de panthère mais elle ne réussirait qu’à se faire des bleus. Alors elle abandonna et prit son mal en patience pour savoir ce qu’on allait faire d’elle. N’ayant eu aucun visiteur, elle s’endormit sous sa forme féline à la tombée de la nuit.

 

Le lendemain, elle fut réveillé par un bâton. Quelqu’un s’amusait à le lui enfoncer dans les cotes. Sans doute pour l’embêter mais c’était assez douloureux alors elle se réveilla de façons agressive et poussa un rugissement colère en attrapant le bâton qu’elle brisa sous un coup de mâchoire. Elle continua de rugir un bon moment, lorsqu’elle distingua la personne qui se permettait de lui faire ca.

 

Ce n’était autre que l’homme de la veille qui, pour l’instant, se contentait de la regarder s’énerver avec un grand sourire mauvais sur le visage. Voyant cela, Rea se calma. Nul doute qu’il se moquait encore d’elle. Elle reprit forme humaine pour l’apostropher.

 

-qu’est-ce que vous me voulez ?

 

L’homme ne répondit pas et attendit patiemment les bras croisés sur son torse. C’est alors que des hommes vêtues élégamment entrèrent dans la pièce et la toisèrent. Ils avaient l’air hautain et prirent un air condescendant. Ce que Rea détestait par-dessus. Elle décida donc de ne pas leur accorder d’attention. Elle tourna sa tête d’un geste sec, signe qu’elle se fichait pas mal de leur opinion. Les hommes prirent évidemment mal son geste insolent mais se continrent.

 

L’un d’entre eux déroula un parchemin. Il le tendit à l’homme qui troublait tant Rea. Après avoir lu le parchemin, celui-ci daigna alors prendre la parole. Sa voix profonde et virile la captiva tout de suite. Et Rea l’écouta attentivement même si elle montrait le contraire.

 

- aucune sentence n’est encore prononcé mais cela ne saurait tardé. En attendant, puisque tu as aidé la coupable à s’enfuir, tu effectueras des travaux pour réparer ce qu’elle a cassé ou endommagé. Tu seras gardé par un de nos hommes évidemment pour t’empêcher toute fuite inutile.

 

Rea n’avait manqué de remarquer qu’il avait parlé avec hauteur. Encore une chose qu’elle détestait.

 

-non mais ! Vous vous prenez pour qui ? Je ferais ce que je veux ! Point barre. Cria-t-elle hors d’elle.

 

Une rugissement de colère lui répondit. Et Rea regarda cette homme qu’elle ne connaissait que depuis la veille se mettre en colère. Il n’avait plus l’air de rigoler et la fureur ravageait ses traits. Bien qu’elle soit dans un cage solide, Rea eut un frisson d’appréhension et de peur. S’il le voulait, il pourrait sans difficulté la tuer.

 

-je suis Drew, le chef de ce clan et les bêtises que ta compagne a commises ont causé du tort à ses membres. Elle a failli tué plusieurs enfants et plusieurs adultes par sa conduite inconsciente, en plus d’avoir violé le pacte qui lui interdisait formellement de traverser la limite des clans. Alors toi, misérable femelle panthère, tu l’as aidé à s’échapper, tu payeras donc à sa place. Acheva-t-il le regard menaçant fixé sur elle.

 

Rea, devant sa diatribe, avait mordillé ses lèvres, elle se sentait coupable. Car, après tout, elle était responsable de Elena puisque ses parents morts, Rea avait du s’occuper d’elle. Elle aimait énormément Elena et c’est pour cela qu’elle n’avait pas été trop stricte et autoritaire dans son éducation. Mais devant les actes que Elena venait de commettre dans ce clan, elle se disait qu’elle aurait peut-être du être plus ferme. À présent, il était trop tard. Malheureusement. Elle espérait simplement que cette aventure avait servi de leçon à Elena quand elle était revenu dans le clan.

 

Elle entendit un claquement de porte et elle releva la tête qu’elle avait baissé machinalement en réfléchissant.

 

Devant elle se tenaient les hommes élégants. Drek avait disparu. C’était donc lui qui était parti en claquant la porte bruyamment. Elle le comprenait malgré tout, si ce qu’il avait dit était vrai. Elle souhaita que Erwan ait bien sermonné Elena comme elle le soupçonnait qu’il l’avait fait. Et si elle-même réussissait à s’en sortir, Elena allait l’entendre.

 

Les hommes qui était dans la pièce imitèrent leur chef et s’en allèrent sans lui parler. Apparemment, ils n’avaient été là que pour assister à la scène et l‘humilier.

 

Rea dut donc passé une autre journée dans sa cage. Le lendemain, elle entendit la porte s’ouvrir et un homme rentra. Il l’observa des pieds à la tête avant de déclarer :

 

-je suis Mori. C’est moi qui te garderas.

 

À son tour, Rea le détailla. Et son physique lui indiqua que ce n’était pas simplement un jeune homme mais un bon prédateur. Son corps démontrait qu’il pratiquait beaucoup de sport et qu’il avait surement une bonne endurance. Aucune chance de pouvoir s’échapper avec lui. Il la rattraperait en moins de cent mètres. De tout façon, il lui mit le collier avant de la sortir de la cage. Et Rea se résolut à le suivre.

 

Pendant la nuit, elle avait élaboré un plan pour s’échapper. Elle ne tenait pas à être à la disposition de cette homme arrogant, Drek. Elle avait donc pensé pouvoir s’échapper si son garde semblait frêle et pas musclé. Mais là, devant Mori, ses espoirs s’évaporèrent. Elle allait devoir improviser et profiter de la moindre occasion.

 

Mori la libéra de sa cage et Rea senti à sa position qu’il se tenait en mode défensive au cas où elle tenterait de fuir même sous forme humaine. Vraiment aucune chance de s’enfuir. Elle le regarda avec un sourire ironique. Elle n’était pas stupide et elle ne ferait pas la bêtise de se blesser inutilement. Elle le suivit docilement.

 

Ils sortirent de la pièce où elle était emprisonnée. Les maisons du clan lui semblèrent magnifiques. Elles étaient joliment construites. De tailles différentes et de couleurs différentes, elles se ressemblaient néanmoins dans le style et le toit était identique pour toutes : de couleur noire et faites en mmiiren. Substance que seuls les Penderims arrivaient à travailler parfaitement. Des hommes, des femmes et des enfants marchaient dans les rues propres. Ils avaient l’air heureux et certains souriaient aimablement. Rea ne ressentit pas la haine qu’elle aurait du avoir envers ces êtres ennemis. Elle ne pouvait concevoir qu’ils aient un mauvais fond.

 

Ce qui avaient séparé le clan de Rea et celui-ci était tout simplement la dispute des territoires qui avaient longtemps provoqué de graves altercations entre les clans. Quand le pacte avait été conclu, beaucoup de personnes avaient été soulagées car le pacte signifiait la fin de combats sanglants.

 

Rea fut amené dans une rue où un étalage de marchant avait été démoli et Rea comprit que c’était l’œuvre involontaire de Elena. On lui fit réparer cet étalage et ranger les dégâts que Elena avait causés. Elle passa donc sa journée à porter de lourdes charges et à endurer les récriminations des personnes victimes de ces pertes. Rea supporta tout cela sans broncher et s’estima chanceuse que Elena ne soit pas à sa place. Nul doute qu’elle se serait rebellée et aurait refusé de travailler. Ce qui aurait pu empirer sa situation. Alors que Rea en obéissant avait l’espoir de s’échapper vivante.

 

Le soir, quand elle regagna sa cage, elle fut soulagée et s’endormi aussitôt couchée. La porte de la pièce s’ouvrit sans qu’elle ne se réveille. Elle ne put donc voir Drek entrer et la regarder énigmatiquement. Il ressortit quelques secondes plus tard sans faire de bruit.

 

Rea nettoyait la rue de ses déchets quand une petite main agrippa sa tunique. Surprise, elle se retourna alors qu’elle était en train de balayer. Une toute petite fille la regardait avec des yeux remplis de curiosité. Elle suçait son pouce et de l’autre elle tira sur la tunique de Rea. Comprenant le message, Rea s’agenouilla pour écouter ce que cette jeune téméraire avait à lui dire. Elle posa le genoux par terre sans se soucier de l’état de ses vêtements car la rue était très poussiéreuse et jonché de débris. La fillette s’approcha de Rea et près de son oreille, la main en visière, elle murmura :

 

- t’es méchante c’est pour ca que tu dois ramasser les débris ?

 

Rea qui ne s’attendait pas à une telle question dite avec tant de naïveté, essaya tant bien que mal de ne pas éclater de rire pour ne pas vexer la fillette. Quand elle eut recouvré assez de calme pour répondre, elle lui dit en prenant un air de conspiratrice :

 

- en effet, je suis très méchante, c’est pour ca que je suis puni. Alors sois toujours gentille sinon gare à toi.

 

La fillette, devant ses paroles, se montra sceptique et déclara :

 

-c’est pas vrai,, si t’était vraiment méchante, tu me parlerais pas. Et puis j’ai décidé que t’étais gentille et que je veux devenir ton amie. Moi je m’appelle Aya. Et toi ?

 

C’est ainsi que Rea passa la journée avec la fillette qui semblait s’être mystérieusement prise d’affection pour elle. Elle lui raconta mille et une chose, les épisodes de sa jeune vie. Elle ne cessa de babiller. Ce qui ne posait aucun problème à Rea qui aimait le contact avec les enfants. Ainsi elle constata que parler avec quelqu’un dans un clan ennemi pouvait lui procurer un certain soulagement. Elle ne se sentait plus aussi pestiféré. Car parfois les adultes la regardaient de telle manière qu’elle craignait souvent qu’ils ne lui sautent dessus pour la tuer. Cependant si cette fillette osait l’aborder en pleine journée, cela signifiait que ses parents ne la considéraient pas comme une tueuse ou un monstre. Sinon cela se ressentirait dans la manière dont la fillette se comportait avec elle. Hors à aucun moment, Aya n’avait semblé gênée sauf au début. Après, elle avait rapidement gagné de l’assurance et donnait même une petite tape si Rea se permettait de l’interrompre dans le récit de ses péripéties.

 

Au soir quand Mori vint la chercher, il eut la surprise de la surprendre en plein jeu avec Aya. Néanmoins il ne fit aucune remarque et expliqua gentiment à Aya que Rea devait regagner sa chambre. Il avait délibérément utilisé le terme de chambre au lieu du mot cage qui aurait pu heurter la sensibilité de Aya. Rea ne l’apprécia que davantage. Depuis le début il ne lui montrait aucune marque d’hostilité ni de mépris et rien que pour cela, elle le trouvait sympathique.

 

Elle salua Aya avant de suivre Mori pour regagner sa cage. Alors que le silence s’installait entre eux, tout comme la veille, durant le trajet de retour, Mori prit la parole. Rea qui ne s’y attendait pas, fut surprise et sursauta légèrement.

 

-c’était Aya, la nièce de notre chef. Autrement dit Drek. Elle devait surement jouer avec des autres enfants quand elle t’a aperçu. Énonça-t-il comme un fait idiot avant de retomber dans le silence.

 

- Et étant très curieuse, elle n’a pas su résister, ne put s’empêcher de rajouter Rea.

 

Mori s’arrêta et la regarda étrangement. Il repartit sans avoir dit quelque chose.

 

Rea le laissa faire et se demanda ce qu’il pensait d’elle. Au bout d’un moment, elle se torturait l’esprit sur la légitimité de lui poser la question. Il est vrai que Mori semblait d’un caractère taciturne en même temps que sympathique et lui adresser la parole demandait du courage. Finalement, l’envie de savoir fut la plus forte et elle lui demanda.

 

-dis Mori, l’interpella-t-elle, tu pense quoi de moi ?

 

Mori, à cent lieu d’imaginer qu’elle lui poserait cette question, prit le temps de réfléchir.

 

-eh bien, fit-il mal à l’aise, tu es une prisonnière qui doit payer pour les dégâts d’une autre.

Rea fut pensive.

 

-oui mais au point de vue du caractère, tu dirais quoi ?

 

Mori gigota et se senti un peu plus mal. Drek n’aimerait pas apprendre qu’il fraternisait avec la prisonnière. Car telle serait la signification de cette conversation pour lui. Parler avec elle équivalait à fraterniser. Hors durant les deux derniers jours, il avait eu un aperçu de son caractère. Et selon lui, Rea semblait d’un naturel aimable et sociable. Elle était gentille et avait pleinement conscience de sa situation. Il avait même l’impression qu’elle se sentait coupable pour ce que l’autre panthère avait fait. Il n’en comprenait pas la raison mais il l’avait très bien sentit. Aujourd’hui, alors qu’il était allé la chercher, il avait vu un autre aspect de sa personnalité. Elle était très maternelle envers les enfants. La manière dont il l’avait vu se conduire envers Aya le montrait. Elle était patiente et douce. Car il l’avait observé pendant 20 minutes avant de l’interrompre. Il avait vu Aya tirer sur ses vêtements pour lui montrer des choses alors que Rea travaillait. Mais celle-ci, au lieu, d’en être agacée, avait, avec patience, montré le plus vif intérêt à chacune des trouvailles de la fillette. Elles avaient joué ensemble et Rea avait même écouté les récits de aya.

 

C’est pour cela qu’il réfléchit bien avant de donner une réponse qui aurait pu montrer qu’il la trouvait aimable.

 

-tu es travailleuse. tu travaille sans rechigner à ce que l’on t’a confié. Et c’est bien. Dit-il le visage impassible pour ne pas se trahir.

 

Il n’avait réussi qu’à trouver cela pour la satisfaire. Mais à en juger par son visage, elle n’était nullement satisfaite et s’apprêtait à revenir à la charge quand ils s’aperçurent qu’ils étaient déjà arriver.

 

Rea abandonna alors mais se promit d’approfondir les pensées du jeune homme.

 

Après avoir ramené Rea, Mori devait faire un rapport sur elle à Drek. Aucun accident ne devait avoir lieu à cause d‘elle. Il se dirigea donc vers la cabane de Drek.

 

Celui-ci comme à son habitude était devant son bureau jonché de papier. Il lisait une feuille quand il entendit la porte s’ouvrir sur Mori. Il interrompit immédiatement sa lecture pour lever les yeux qu’il posa ensuite sur Mori.

 

Mori se sentait toujours anxieux sous son regard car il avait l’impression que Drek savait lire dans ses pensées. Et cela le rendait assez nerveux. Mais il aimait son chef et le respectait. Mori s’avança dans la pièce et s’arrêta à quelques pas du bureau.

 

-assied toi. L’enjoigna Drek qui sentait sa nervosité.

 

Mori prit place sur un siège et ses yeux examinèrent toute la pièce sans jamais s’arrêter sur Drek.

 

Conscient que son regard le mettait mal à l’aise, Drek s’efforçait de ne pas le fixer et il s’appliqua à remettre de l’ordre dans les papiers sur son bureau. En même temps, il demanda des nouvelles de la prisonnière.

 

-alors comment se porte notre charmante captive ?

 

-elle va très bien. Les dégâts causés par l’autre panthère sont réparé et actuellement je l’ai amené à nettoyer différents endroits comme vous me l’avez demandé.

 

-parfait fit Drek.

 

Mori ne partant pas comme il le faisait d’habitude quand il avait reporté ses faits, Drek releva la tête et s’adossa à son siège en attendant la suite qu’il savait venir.

 

-si je peux me permettre, pourquoi lui faire nettoyer des endroits alors qu’elle n’en est pas responsable, ni elle, ni l’autre panthère ?

 

Mori essaya de faire face et de regarder Drek droit dans les yeux en posant sa question. Mais il les baissa sous le regard d’acier du chef.

 

Celui-ci le fixa et nota les changements survenues depuis la veille. De plus, il savait que le jeune garde n’avait pu s’empêcher de parler avec cette femme. Il savait donc que celui-ci avait développé une sorte d’amitié avec elle ou un sentiment de compassion.

 

-elle a aidé la fautive de tout ses dégâts à s’échapper. Elle répare donc à sa place. C’est tout simple.

 

-mais … avança Mori.

 

Drek l’interrompit brutalement.

 

-dois je te rappeler que cette panthère à violer le pacte en franchissant la frontière, qu’elle a débarqué dans notre village, que lorsque nous avons tenté de l’interpeller pour lui faire faire demi-tour, elle a sauté sur des hommes et a clairement tenté de les blesser gravement, qu’elle a même failli s’en prendre à ma propre nièce ? Jeta-t-il assez violemment.

 

Le visage de Mori se décomposa et il ressentit de la honte. Il n’aurait jamais du laisser sous-entendre qu’il mettait en doute les décisions de son chef.

 

-excusez moi fit-il précipitamment.

 

Drek retrouva son calme instantanément. Il n’en voulait pas au jeune homme qui était un peu trop jeune selon lui. Cependant, quelque chose l’intriguait. Quand il avait mentionné Aya, le jeune homme avait légèrement tressailli. Il doutait que sa nièce ne soit en danger mais il suspectait que quelque chose se passait.

 

-comment va ma nièce ? Demanda-t-il innocemment.

 

Mori sursauta et Drek vit la preuve qu’il avait eu raison de demander. Mori se tritura les mains avant de répondre.

 

-elle va très bien.

 

Il fit une pause avant de parler de la rencontre entre Rea et Aya.

 

-je l’ai vu aujourd‘hui. En fait, elle semble avoir passer l’après-midi avec Rea.

 

-qui ca?

 

-la prisonnière précisa-t-il, elles ont joué ensemble et Aya semble l’ accepter.

 

Drek ne fit aucun commentaire et demanda à Mori de sortir.

 

-tu peux y aller.

 

Mori sorti, Drek tenta de conserver son calme. Comment cette femme avait-elle pu s’approcher de sa nièce ? Alors que c’était sa propre congénère qui avait failli la blesser sérieusement. Il devait aller lui parler. Il ne permettrait pas à quelqu’un de blesser sa famille. Et il se pouvait que cette Rea tente de profiter de l’innocence de Aya pour s’enfuir. Mais il ne le cautionnerai pas. Et c’est en colère, malgré l’heure tardive, qu’il se rendit auprès de Rea.

 

Celle-ci, pendant l’entretien entre Mori et Drek, nullement consciente de ce qui se préparait, tentait en vain de lutter contre la subite chaleur qui s’était installé dans la pièce où elle était enfermée. Dans sa cage, elle essayait en vain de trouver une position qui lui permettrait de ne pas mourir de chaud. Mais plus elle s’agitait, plus elle avait l’impression d’empirer les choses.

 

Après avoir bien réfléchi et inspecté la pièce, elle se dit que personne ne viendrait la voir pendant la nuit. Elle pouvait donc ôter sa tunique et dormir nue sans choquer personne. Ce qui serait plus confortable pour elle. Il lui suffirait juste de remettre sa tunique le lendemain matin avant que Mori n’entre dans la pièce. Elle hésita encore, puis leva les bras et fit passer sa tunique par-dessus sa tête.

 

Elle se sentie légèrement mieux. Elle n’avait plus si chaud et l’air qui caressait sa peau était agréable.

 

Elle s’allongea de nouveau dans sa cage dans l’intention de s’endormir quand elle entendit des pas s’arrêter devant la porte de la pièce où elle se trouvait. Elle s’ouvrit brusquement quelques secondes plus tard. Et Rea vit la silhouette de Drek se dessiner sur le pas de la porte. Il entra dans la pièce sans la regarder et referma la porte derrière lui.

 

Rea paniqua. Elle était nue et cette homme entrait sans gêne. Elle était prisonnière mais elle avait quand même droit à un minimum d’intimité. Elle n’eut pas le temps de remettre sa tunique que Drek se retournait déjà. Elle tenta de couvrir sa féminité rapidement. Mais ses mains formèrent un rempart bien dérisoire face au regard d’acier de Drek.

 

Drek était entré sans réfléchir à ce qu’il allait faire. Il avait été furieux, contre une amitié possible entre Rea et Aya et il voulait la mettre en garde de ne pas s’approcher de sa nièce sous peine d‘encourir sa fureur. Mais dès qu’il fut dans la pièce, il se retourna et eut une vision qui le priva de réaction.

 

Devant lui, dans la cage, se trouvait Rea, entièrement nue. Ses petites mains formant un paroi bien ridicule comparé à la forme généreuse de sa poitrine et de ses cuisses.

 

Drek avala difficilement. Il n’aurait jamais du venir. Sa période de chasse avait commencé et alors que normalement durant celle-ci il évitait soigneusement de côtoyer des femelles fécondes, il était dans la même pièce de l‘une d‘entre elle. Cette fille, Rea, lui avait fait complètement oublié ses précautions.

 

Sa nudité et sa féminité révélée, il se tendit immédiatement, dur comme un roc, excité par le parfum de sensualité qu’elle dégageait à son insu.

 

Rea quand à elle, sut immédiatement que quelque chose n’allait pas. Les yeux de Drek brillait beaucoup trop et la bosse qui s’était formé au niveau de son entrejambes ne lui annonçait rien qui vaille. Mais elle sentit encore plus de chaleur l‘imprégner. Elle réfléchit rapidement et prit conscience qu’elle avait sa période de chaleur elle aussi en ce moment. C’était pour cette raison qu’elle avait eu brusquement chaud sans raison apparente, qu’elle avait ressenti le besoin de se dénuder.

 

Elle regarda de nouveau Drek et elle put sentir la chaleur se répandre dans son corps. Elle s’approcha du bord de la cage et poussa un léger feulement d’excitation.

 

Devant ce cri involontaire, et devant la chaleur qu’il sentait se répandre en elle, Drek ne put contrôler ses mouvements. Très vite, il s’approcha et ouvrit la cage sans prendre de précaution. Et il l’attrapa par le bras. Il avait totalement oublié les raisons qui l’avaient poussé à venir, seule comptait cette envie d’assouvir son besoin d’elle.

 

Rea ne résista pas et colla son corps nue à lui. Elle se frotta à lui pour l’exciter. Et de ses mains caressa le visage de Drek. Elle approcha peu à peu son visage et son souffle chaud se mêla à celui de Drek. D’abord hésitants, ils se découvrirent, leur baiser devint exigeant et passionné. Ils s’acharnèrent, leur langues se mêlant en même temps que leurs souffles saccadés. Le frottement de leur corps de plus en plus prononcé. Ils roulèrent au sol comme lors de leur première rencontre mais cette fois-ci Rea le chevaucha. Elle avait l’entrejambe au niveau de la bosse de Drek. Elle se frotta encore plus intensément laissant échapper de petits gémissements de plaisirs et d’anticipation.

 

Drek quand à lui n’était pas en reste et il lui pétrissait les fesses des mains en même temps qu’il soulevait le bassin pour mimer l’acte avec Rea. Très vite ses vêtements devinrent une barrière en trop et il se redressa pour les enlever. Une fois ôtés, leur peau en contact, la tension explosa et ils reprirent le ballet de leur langue. Drek renversa Rea, se redressa au dessus d’elle et cette fois-ci sans le rempart de vêtement pour les déranger, il frotta son membre dur et tendu contre la moiteur de Rea. Sans la pénétrer pour faire durer l’attente, il remontait et descendait en cadence. Un rythme qui les torturait tout les deux.

 

Alors qu’il faisait allé son membre, la bouche de Drek s’occupait des seins de Rea qui jouissait pleinement du contact de sa langue sur ses boutons. De la langue, il traçait des cercles autour de ses mamelons. Les gémissements se succédaient et le plaisirs augmentait. Quand tout les deux furent sur le point de craquer, Drek plongea directement en Rea. La douleur ne dura pas et le plaisir inonda presque immédiatement Rea. Ensemble, ils adoptèrent le même rythme et prirent leur plaisirs.

 

Une seule fois ne leur suffit pas et ensemble ils s’aimèrent toute la nuit.

 

Le lendemain, peu avant l’aube, ils s’éveillèrent l’un après l’autre.

 

Dès qu’elle ouvrit l’œil, Rea se rendit compte de l’énormité qu’elle venait de commettre : comment avait-elle pu se laisser aller ? Comment avait-elle pu s’accoupler avec cet homme qui la retenait prisonnière dans une cage et qui la forçait à travailler ? Elle se releva précipitamment, se hâta de reprendre sa tunique qui se trouvait toujours dans la cage et l’enfila aussi rapidement. Elle ne devait pas s’appesantir sur ce qu’elle avait fait. En effet, c’était l’unique occasion de s’enfuir. Devant elle, Drek commençait à se réveiller doucement mais le temps qu’il se souvienne de la veille, elle aurait le temps de s’enfuir. En plus, elle ne portait pas le collier de Penda qu’elle devait normalement porter quand elle sortait de la cage. La veille, Drek n’avait pas fait attention et avait complètement oublié ce détail. Elle le regarda une dernière fois avant de vouloir s’élancer mais au dernier moment. Une doute s’immisça dans son esprit. Devait-elle vraiment partir ? Elle se rappela le visage de la petite fille qu’elle avait rencontré la veille : Aya. Devait-elle la laisser derrière elle après ce que la fillette lui avait confié ? Rea avait nettement eu l’impression que la fillette se sentait seule et que Drek qui s’occupait d’elle ne lui donnait pas toute l’attention dont elle avait besoin ? D’ailleurs n’était-ce pas pour cela que la fillette s’était risqué à parler à une prisonnière ? Rea aimait les enfants et peut-être Aya l’avait-elle senti. Pouvait-elle décemment l’abandonner maintenant ? De plus, une autre raison la poussait à vouloir rester. Elle se sentait attirer par Drek et sentait également que leur relation pourrait s’améliorer.

 

Elle secoua la tête et se dit qu’elle devenait folle à réfléchir ainsi devant la porte qui était son seule obstacle à la liberté et à son retour chez elle. Elle décida de rester et s’apprêtait à faire demi-tour quand deux bras puissants l’entourèrent à la taille.

 

À son réveil, il n’avait fallu à Drek que quelques secondes pour se rappeler la situation. Il se trouvait nue dans la salle où il avait enfermé Rea. À coté de lui, la place était vide mais la chaleur qui se dégageait du sol prouvait qu’un corps était encore lové près de lui il y peu. Il leva la tête et aperçut Rea qui s’apprêtait à s’échapper. Il allait se relever pour la rattraper quand curieusement elle s’arrêta et secoua la tête. Elle semblait hésiter. Ce qui intrigua Drek. Pourquoi voulait-elle rester ? Il se leva silencieusement sans qu’elle s’en aperçoive toute occupée à ses pensées. Il vit qu’elle allait se retourner et rester mais il l’enlaça quand même.

 

- je t’ai eu, que comptais tu faire ? Murmura-t-il tout près de son oreille d’une voix rauque.

Il se senti immédiatement attiré par son corps mais à l’aube d’un nouveau jour et leur besoins assouvis, il pouvait plus facilement résister à son charme. Il la tira légèrement en arrière.

 

Surprise, Rea se laissa faire. De toute façon, elle avait déjà fait son choix. Elle devait rester.

 

- je vois que tu voulais t’enfuir, pas de chance ! Rajouta Drek.

 

Elle ne répondit pas. Il lui mit le collier de Penda attaché au mur.

 

-ainsi tu n‘auras plus aucune chance.

 

Il la lâcha et se dirigea près de sa pile de vêtement. Il les enfila prestement. Pendant tout ce temps, Rea se contenta de le regarder. Il se retourna une dernière fois et la regarda longuement, ses prunelles impénétrables, Rea ne sut que penser.

 

- ne crois pas que cela changera quelque chose. Dit-il en faisant référence au évènement de la nuit.

 

Rea ne cilla pas et le laissa s’en aller sans rien dire.

 

Il partit sans se retourner et referma la porte doucement. Il ne se soucia même pas de la renfermer dans la cage. Sans doute pensait-il que cela ne valait pas la peine et qu’elle ne pouvait rien faire.

 

Elle entendit quelqu’un frapper à la porte comme chaque matin et Mori rentra dans la pièce. S’il se montra surpris de la trouver hors de la cage, il ne fit aucun commentaire. Une autre journée à l’horizon, Rea le suivit pour effectuer ses travaux.

 

Quelques semaines plus tard, Aya bavardait joyeusement avec Rea quand, de loin, celle-ci aperçut Drek. Il ne la regarda que brièvement. Mais ces quelques instants où leurs yeux s’étaient croisés avait suffit pour faire monter cette tension entre eux. Une tension qui s’était installé à chaque fois qu’ils se croisaient depuis leur nuit ensemble.

 

Il s’éloigna et Aya prit la main de Rea et l’emmena dans la Cabane de Rea. Rea s’installa à table alors que Aya sauta sur le lit de Rea.

 

Car contrairement à ce qu’avait dit Drek, ce qu’ils avaient fait avait changé beaucoup de choses. Quelques semaines avaient passé et la situation de Rea était bien différente dans beaucoup d‘aspects de sa nouvelle vie.

 

À commencer par le confort de Rea, dès le lendemain, on lui avait attribué une cabane inoccupée et elle avait ainsi pu dormir dans un lit confortable. Elle avait bien évidemment accueilli ce changement avec joie et en avait même remercié avec chaleur Mori, porteur de la bonne nouvelle, qui l’avait guidé et aidé à s’installer.

 

Rea avait également remarqué que les gens lui parlaient plus depuis son emménagement dans la cabane. Rea qui pensait les membres du clan hostile envers elle, avait été réellement surprise par leur amabilité si soudaine. Ensuite elle avait compris que l’hostilité, bien présente au début, n’était qu’une des conséquences brèves du passage d’Elena. Mais face à la gentillesse que Rea montrait envers Aya et le fait qu’elle n’est jamais répondu à leur attaques ils avaient changé d’avis. C’est ainsi que des femmes venaient, à présent, régulièrement lui parler.

 

On ne lui confiait plus de tache difficile. On lui demandait juste de participer aux travaux journaliers que tous les membres devaient effectuer pour le bien du clan. Ainsi si elle le pouvait, elle aidait des commerçants, gardait des enfants en plus de Aya. Celle-ci n’avait pas aimé voir l’attention de Rea occupée par d’autres enfants et avait fait quelques caprices au début, jusqu’à ce qu’elle comprenne enfin qu’elle n’avait rien à craindre. Rea l’aimait beaucoup trop.

 

Au bout d‘une semaine après son emménagement, Mori lui avait dit qu’elle ne devrait plus mettre le collier de Penda. Peut-être avaient-ils compris qu’elle ne tenterait plus de partir et qu’elle appréciait le clan. De plus ils savaient probablement tous que son retour parmi les siens causerait bien des ennuis à Rea. Elle avait donc intérêt à s’intégrer.

 

Mais le plus grand changement s’était opéré en Rea et personne à part elle n’était au courant. Pas même Drek. Même si Rea avait constaté qu’elle le voyait plus souvent ces temps-ci. C’était un secret qu’elle s’efforçait de cacher de son mieux. Mais bientôt son état serait trop apparent et alors, elle devra peut-être affronter Drek. Ce qu’elle ne souhaitait pas du tout. Mais elle savait au fond d’elle qu’elle devrait le faire un jour ou l’autre. C’est pourquoi elle avait prit la décision de partir. Elle n’allait pas partir clandestinement mais avec la permission du chef de clan. Elle repoussait depuis longtemps ce moment. Mais deux mois et demi la séparait de cette fameuse nuit. Et dans peu de temps, elle ne pourrait plus reculer.

 

Elle passa néanmoins sa soirée à s’amuser avec Aya sans rien laisser paraitre.

 

Le lendemain, Rea se trouvait sur le pas de la porte de Drek. Elle savait qu’il était à l’intérieur de sa cabane puisqu’elle s’était renseigné auparavant mais elle se sentait nerveuse et inquiète. Prenant son courage à deux mains, elle donna un léger coup et rentra sans attendre de réponse. Elle le trouva penché sur son bureau à compulser des papiers comme il le faisait surement tous les matins.

 

Il releva les yeux dès qu’elle entra dans la pièce, quelque peu surpris par cette brusque intrusion même si il n‘en laissa rien voir. Son visage était aussi impassible que d‘habitude. Et Rea ne sut que pensé.

 

C’était la première fois qu’ils se trouvaient seuls dans la même pièce depuis leur fameuse nuit et Rea se sentit devenir encore plus nerveuse. Elle ne voulait pas qu’il sache qu’elle était enceinte alors qu’elle ne savait pas comment il réagirait. Voudrait-il lui arracher son premier enfant ou lui ordonnerait-il de s’en débarrasser ? Malgré l’horreur d’une telle situation, c’était un cas qui se produisait souvent dans son clan. Rea qui avait toujours voulu avoir des enfants à elle, ne se sentait pas prête à perdre son enfant sciemment. Consciente que sa nervosité pouvait la trahir elle se ressaisit et releva la tête.

 

Drek, assis, la regarda se demandant la raison de cette visite. Il avait remarqué qu’elle était nerveuse ces temps-ci car il l’avait surveillé bien malgré lui. Il avait continué à demander des rapports sur ses agissements à Mori bien que Rea ne soit plus considéré, par beaucoup, comme prisonnière. Quand il avait soudain eu l’envie de la voir par lui-même, il allait l’observer. Même si c’était stupide, il n’avait pu se contrôler. Il avait simplement voulu savoir comment elle s’en sortait. Et elle s’en sortait pas mal d’après ce qu’il avait pu voir.

 

Ses souvenirs de leur nuit le hantait toujours. Il la désirait encore. Et une nuit ne semblait pas lui suffire. Il réfréna son ardeur qui commençait à croitre en sa présence, très proche.

 

Il avait beaucoup fait pour elle même si il ne l’admettrait pas. Il lui avait accordé plus de liberté en demandant à Mori de l’installer dans un cabane. Elle ne devait même plus porter le collier de Penda. Elle pouvait donc s’enfuir si elle le désirait. Mais il en doutait. Encore maintenant les images de Rea, devant la porte de son ancienne prison, hésitante à partir, lui revenaient souvent en mémoire. Et il s’interrogeait souvent à ce propos. Pourquoi rester ?

 

Contrairement à quelques craintes qu’il avait eu au début, elle s’était parfaitement habitué à sa situation et il avait même vu Aya changer positivement. Elle semblait plus joyeuse, comme toute les petites filles de son âge. Et Drek admettait volontiers en lui-même que c’était le résultat de son amitié avec Rea. Il l’avait même autorisé à dormir de temps en temps chez elle. En effet, il avait changé d’avis, comme quoi elle était mauvaise pour sa nièce et constaté qu’elle était au contraire d’une bonne influence sur Aya.

 

Alors pourquoi venait-elle le voir maintenant ? Il se le demandait.

 

Le silence s’éternisant, il parla le premier.

 

- que veux tu ? Fit-il d’une voix glaciale. Il me semble que tout va bien pour toi. Non ? Lâcha-t-il ironiquement.

 

Rea inspira et se lança.

 

-j’aimerais m’en aller.

 

Elle ne rajouta rien de plus car elle savait que quoi qu’elle dise, il ne s’en soucierait pas. Seul le fait qu’elle veuille partir allait le déranger bien assez. Après tout, il était le chef, et elle aurait du s’estimer heureuse de son intégration parmi les siens.

 

- non fut la seule réponse de Drek.

 

Il ne rajouta rien. Pour lui l’affaire était claire, elle ne partirait pas, un point c’est tout.

 

Pourtant Rea ne s’avoua pas vaincu et bien qu’elle savait que la suite serait pesante, elle savait qu’elle partirait finalement avec ou sans son accord. Elle se rendait compte à présent qu’elle avait simplement voulu le mettre au courant de son départ.

 

Au moins, il est au courant maintenant, se dit-elle en pensée.

 

Drek perçut aisément sa pensée. Elle était inscrite très clairement sur son visage. Voyant que leur discussion allait durer, il se leva de son bureau, déployant ainsi sa haute silhouette. Devant ce mouvement, Rea fit involontairement un pas en arrière. Ce qui fit sourire Drek. Il percevait son angoisse. Et il savait également que depuis leur nuit ensemble elle était sensible à son aura de male. Ils avaient fait bien plus que s’accoupler et assouvir leur besoin. Ils avaient lié leur corps et créer ainsi un lien invisible entre eux qu’ils ne pourraient jamais briser.

 

Drek contourna son bureau et s’avança lentement à sa hauteur. Elle semblait chercher un issue de secours en tournant la tète de droite à gauche tout en jetant des regards paniqués sur toute la pièce alors que la seule issue de secours était la porte derrière elle. Mais dans son état elle ne s’en rendait plus compte. Ses yeux étaient paniqués mais Drek vit sa poitrine se soulever plus rapidement. Son souffle se précipité. Il savait que son cœur devait aussi battre de plus en plus rapidement. Il savait que ce n’était pas la panique qui la faisait réagir mais sa réaction face à son approche. Leur attirance devenait de plus en plus forte.

 

Quand Drek arriva près d’elle, à peine à dix centimètre de son corps, il avait complètement oublié ce qu’il voulait dire. Et ses bras devancèrent son esprit en l’enlaçant.

 

Rea qui l’avait vu se rapprocher, se doutait de ce qu’il allait se passer. Mais elle fut incapable de bouger. Et rendue sans volonté, elle le laissa faire quand il l’attira près de lui. Son souffle chaud sur son visage, son corps collé au sien, elle pouvait sentir son désir. Elle tenta de lutter en esprit mais sous un premier baiser, abandonna et se colla au plus près de lui.

 

Ils finirent dans la cabane de Drek et dans son lit.

 

Le lendemain, Drek lui renouvela son interdiction de partir du clan avant de la prendre de nouveau possessivement et passionnément. Sous ses caresses, Rea oublia tout et se demanda s’il ne valait pas mieux rester et d’affronter l’avenir même s’il elle devait en souffrir.

 

Quelques jours après, elle sortait enfin de la cabane de Drek pour de rejoindre la sienne. Elle croisa de récentes et nouvelles connaissances mais elle ne s’attarda pas longtemps en les saluant et elle s’empressa de rentrer chez elle. En effet, Rea commençait à se sentir fatiguée chaque après midi comme toutes les jeunes mères panthères.

 

Bien que pour l’instant, rien ne soit visible. Rea savait que bientôt les effets secondaires de son état se verrait. Et ils se présentaient déjà, depuis quelque temps, l’après midi, sous forme de nausée qu’elle avait du mal à réprimer.

 

Ce matin même elle avait du ruser pour réussir à partir de la cabane de Drek. Car il l’avait laissé partir après avoir causé bien des difficultés. Et encore, avant de partir, il s’était encore montré possessif en l’attrapant alors qu’elle posait la main sur la poignée de la porte et qu’elle allait ouvrir la porte pour partir. Il lui avait dévoré la bouche, ensuite il l’avait lâché brutalement pour se recoucher paresseusement, en travers du lit où ils avaient passé la nuit, de tout son long, sans lui accorder un dernier regard.

 

Au soir, alors que Rea tentait encore, en vain, de réprimer une nouvelle crise de nausée, elle n’entendit pas sa porte s’ouvrir et la silhouette qui se faufilait silencieusement chez elle. Elle s’était soulagé et pressait un tissu sur ses lèvres tout en serrant une main sur son ventre comme pour se retenir quand tout à coup, une main s’abattit sur son dos. Elle sursauta violemment et se retourna vivement. Alors qu’elle reconnaissait avec horreur l’intrus dans sa maison, son regard s’emplit d’affolement.

 

-mon dieu se dit-elle.

 

Drek, en face d’elle, ne semblait pas comprendre la situation. Et Rea eut l’espoir fou qu’il ne dirait rien ou qu’il n’avait rien remarqué. Elle passa devant lui alors qu’il ne bougeait plus et avait pris un air pensif en la suivant du regard. Mais ses espoirs s’envolèrent quand il posa une question.

 

- pourquoi étais tu malade ?

 

 

suite

Par petrouchka - Publié dans : nouvelle courte - Communauté : Romance et Passion
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